Vendredi 28 décembre 2007
La violence et le terrorisme n'ont que faire de ces fêtes de fin d'année, l'assassinat de Benazir Bhutto hier en est la preuve désespérante.
Au delà du fait que la victime de cet attentat lâche et meurtrier soit une femme, il est encore plus frappant en cette période que nous souhaiterions plus légère. Tandis que cette année est sur le
point de s'achever, elle se termine comme elle a commencé dans un bain de sang et d'horreur.
Difficile de s'imaginer que pendant que, nous, nous nous apprêtons à célébrer dans l'insouciance la plus totale cette fin d'année en espérant que 2008 verra ou non l'officialisation devant monsieur
le maire de la liaison de notre cher président de la république avec mademoiselle Bruni, d'autres à cette heure, pleurent la mort de celle qui, pendant un temps, a représenté l'espoir d'un vent de
démocratie pour un pays tel que le Pakistan.
C'est ainsi, le monde ne s'arrête pas de tourner, il n'existe aucune trève des confiseurs en matière de fanatisme et de bêtise humaine. Pendant que nous préparerons gaiement notre réveillon du
nouvel an, des bombes continueront à exploser, tuant des innocents, des peuples resteront opprimés, privés de leurs droits les plus élémentaires.
Cela alourdira-t'il nos consciences lors du choix de nos souhaits pour l'année qui suivra ? Non bien sûr que non, nous penserons en premier lieu à ce qui nous concerne directement : l'augmentation
de notre cher pouvoir d'achat.
Evidemment, nous songerons un instant à tout ce qui se passe ailleurs loin, très loin, mais nous le chasserons très vite de nos pensées car nous sommes particulièrement bien entraînés à la fatalité
et au fameux "C'est bien dommage tout ça mais que pouvons-nous y changer ?"
Dimanche 23 décembre 2007
Etre aimé sans séduire est un des beaux destins de l'homme
André
Malraux

Résumé :
'Une pièce montée' a pour toile de fond un mariage à la campagne dans la bourgeoisie de province. Chaque chapitre, centré sur un des personnages de la fête, raconte une histoire qui
prend place dans l'album de famille. De la demoiselle d'honneur confrontée à l'injustice au collègue dragueur invétéré, ou à la tante excentrique en quête d'amour, de la grand-mère indigne à la
mariée au bord de la crise de nerfs, les personnages hauts en couleurs défilent à travers des scènes drôles, cocasses ou attendrissantes. On passe sans cesse du rire aux larmes. Les masques
tombent et les secrets de famille éclatent.
Un livre sans prétention
Mais qui ne manque pas d'émotions
Une famille banale
Des vies normales
Plein de petits secrets
Dans lesquels chacun peut se retrouver
Derrière les apparences
Peuvent aussi se cacher des souffrances
A lire absolument
Histoire de passer un bon moment
Dimanche 16 décembre 2007
Retour sur un texte déjà paru au tout début de la création d'Histoire(s) de Constance. Cela offrira peut-être la possibilité aux nouveaux lecteurs de le découvrir.
Il regarde le ciel. Quelque chose au fond de lui le tiraille mais il ne parvient pas à mettre de mots. Il sent, il pressent que sa vie ne sera plus jamais la même. Pourtant, rien ne semble
différent autour de lui.
La rue conserve cette même agitation. Les passants le bousculent, ragent contre cet individu planté là au beau milieu à contempler le ciel. Est-ce qu'ils ont le temps, eux, de regarder ce qu'il se
passe là haut ! Evidemment que non !
Mais Lui demeure là, incapable de bouger. Le ciel semble s'assombrir, les nuages s'épaissir. Il ressent une vibration puis deux. Finit par réaliser qu'il s'agit de son téléphone.
Il hésite à répondre. Pour une raison qu'il ignore, son estomac est noué. Enfin il se décide à décrocher et les mots qu'il entend ne le surprennent pas...
Il s'assied sur le premier banc qu'il trouve. Ses jambes ne le portent plus, tout son corps paraît vouloir s'affaisser. La pluie se met à tomber violemment sur lui sans qu'il ne bronche. Plus rien
ne l'atteint à cet instant. Il est ailleurs ... Il repense à cette journée qui avait si bien commencé. Une journée qui aurait dû être pareille à toutes les autres. Anodine dans ses petits bonheurs,
anodine dans ses petits tracas. Oui mais voilà, ce qu'il vit à présent n'a plus rien d'anodin, tout a basculé. Il ne sera plus jamais la personne qu'il était hier. De bonheurs il n'aura plus.
Petits ou grands, ils appartiendront désormais à l'homme qu'il était avant.
Le tonnerre gronde, la pluie redouble d'intensité. Une femme passe en courant devant Lui. Elle tente d'échapper aux trombes d'eau qui s'abattent sur elle. Un détail dans sa silhouette provoque chez
lui un sursaut. Il se redresse comme électrisé en la suivant du regard. Son coeur s'accélère, il cogne dans sa poitrine à le faire hurler de douleur. Serait-ce possible ? Se réveillerait-il enfin
d'un épouvantable cauchemar ? La jeune femme lui jette un regard furtif et là, il comprend. Non, il n'a pas rêvé. Il est bien dans la réalité, monstrueuse réalité qu'est la sienne.
Le temps passe. Impossible pour lui de savoir depuis quand il est là. La nuit commence à tomber. D'habitude, c'est un moment qu'il aime et qui l'apaise de toutes les tensions accumulées au fil de
la journée. D'habitude, il se sent libéré. Il sait qu'il va rentrer chez eux, qu'il va La voir, entendre sa voix, son rire. Mais ce soir ... Ce soir, ce sera le silence, l'absence, le néant ... Ce
soir, il n'y aura rien et ce rien le terrifie.
Pourtant, il croyait y être préparé. Il fait partie de ceux qui ont toujours pensé que le bonheur n'est que de courte durée. Que la vie est une garce qui finit toujours par reprendre ce qu'elle a
donné. Peut-être qu'il aurait dû davantage se le répéter, peut-être qu'il avait fini par mettre de côté cette fatalité.
Et il s'en veut. Il s'en veut d'avoir pu croire qu'un toujours était possible. Il s'en veut d'avoir goûté avec Elle à ces envies d'éternité. Il s'en veut et il lui en veut à Elle de l'avoir
abandonné. Elle n'en avait pas le droit, Elle lui avait promis qu'Elle serait toujours là.
Des larmes de colère se mélangent aux gouttes de pluie sur son visage. La fureur le submerge et lui glace le sang. Est-ce qu'Elle sait ce qu'Elle lui fait endurer à cet instant ? Est-ce qu'Elle
sait combien il souffre, combien son coeur est lapidé ? Il hurle un "non" de désespoir. Son cri retentit au milieu de la nuit mais personne n'est là pour l'entendre. La rue déserte est le seul
témoin de sa détresse.
Il regarde sa montre. Vingt heures trente exactement. Il se lève. Il sait. Il sait qu'il a un corps à aller identifier.
Son corps à Elle qui,ce jour là, a perdu la vie.
Vendredi 14 décembre 2007
Quand cesseras-tu de rêver ?
Quand regarderas-tu le monde tel qu'il est ?
Tu cherches à transformer en beau
Par le biais de tes mots
Ce monde sans pitié
Comme si tu pouvais lui redonner
Un peu d'humanité
Mais ne te laisse pas abuser
Rien ne peut effacer le malheur
Dissimuler les horreurs
Que l'Homme s'inflige
Et que toi, tu fustiges
Mais crois-tu vraiment
Que tes quelques mots puissent véritablement
Changer le cours de l'histoire ?
Tous tes réquisitoires
Sont pourtant bien dérisoires
Face à cette réalité
Faite d'injustices répétées
Oui, cesse de rêver
Et reprends le chemin de la lucidité
(Sur une photo de Giostella)
Mercredi 12 décembre 2007
C'est bien connu, l'argent n'a pas d'odeur. La visite officielle de Kadhafi en France depuis deux jours le démontre bien.
Exit l'attentat l'attentat de Lockerbie en 1988 et ses 270 victimes pour lesquels des libyiens ont pourtant été déclarés coupables et condamnés. Oubliés aussi les les 170 passagers du DC-10 d'UTA
qui a explosé en plein vol au-dessus du désert du Ténéré. Tous ces morts ne pésent pas lourd face aux millions de dollars que Kadhafi a ramené dans ses petites valises pour faire travailler des
entreprises françaises.
Ce n'est pas une première, la gauche, à une époque, a elle aussi fait des affaires avec la Libye mais comment ne pas trouver insupportable qu'un pays comme le nôtre, pays des droits de l'homme à ce
que l'on dit, fasse tous les honneurs à ce colonel aux mains tachées de sang. Qu'un individu tel que lui soit introduit à l'assemblée nationale, emblème par excellence de notre démocratie, cela
dépasse l'entendement. La France est-elle tombée si bas, est-elle à ce point en faillite pour accepter de traiter avec lui ?
Je m'interroge sans trouver de réponses qui puissent justifier que le bourreau d'hier soit devenu le sauveur d'aujourd'hui mais oui c'est vrai, j'oubliais ... l'argent n'a véritablement pas d'odeur
et la mémoire est une lanterne qui se porte dans le dos. Bref, la France n'a pas à avoir honte des marchés qu'elle va signer avec la Libye. Pourtant en ce jour, je ne me sens pas particulièrement
fière d'être française.
Post-scriptum