Vendredi 30 novembre 2007
Cette semaine, un fait divers occupe l'actualité avec les décès de deux adolescents qui ont perdu la vie en percutant en moto une voiture de police.
A l'annonce de ce drame, la première réaction éprouvée est une grande compassion pour les familles de ces jeunes même si hélas, des accidents de la route, il en arrive quasiment tous les jours un
peu partout en France. Mais l'affaire prend une toute autre tournure quand les medias s'en emparent. Il ne s'agit plus d'un banale et tragique collision puisque tout s'est joué à Villiers-le-Bel
(ville de la banlieue parisienne) au coeur d'une cité dite "sensible" et la police est vivement mise en cause.
Les rumeurs les plus folles ont commencé à circuler, ce qui n'a pas manqué d'aboutir dans la foulée à l'embrasement de la cité et à la mise à sac du centre-ville de Villier-le-Bel.
Je peux comprendre que cet accident ait choqué les esprits et que les familles des victimes souhaitent connaître les causes exactes de la mort de leurs enfants mais comment justifier les actes de
violence et de vandalisme qui ont été commis par la suite ? Il ne faut pas oublier non plus que lors de l'accident, les deux ados ne portaient pas de casques et circulaient sur une moto non
homologuée. Impossible de ne pas penser, ne serait-ce qu'un instant, que les parents ont une part de responsabilité dans cette affaire. Certes infime mais elle existe.
De plus, les saccages qui ont été organisés avec les incendies de la bibliothèque et de l'école de Villier sont-ils censés avoir permis de faire progresser plus vite l'enquête ? Non, une fois de
plus, cela n'a fait qu'amplifier la réputation déjà particulièrement désastreuse des banlieues.
Personne ne sort grandi d'un drame tel que celui-ci et cela pose une fois encore le problème de la gestion des cités qui au moindre faux pas deviennent incontrôlables pour les forces de l'ordre.

Des mots abandonnés là
A des regards qui ne les verront peut-être pas
Mots piétinés, désacralisés
Voir même ignorés
Mais l'empreinte est laissée
Le message délivré
Peu importe si la pluie, le vent
Et tous les aléas du temps
Bientôt auront tout effacé
(Sur une image de Gwenaël Bollinger)
Difficile de se faire à l'idée
Qu'à la vie rêvée
Souvent il faudra renoncer
Et qu'au fil des années
Bien des idéaux seront piétinés
Par les tourments de la réalité.

Elle est à un âge
Où pas une seconde Elle n'envisage
Que la vie puisse se dessiner autrement
Qu'en noir ou blanc
Mais avec le temps, Elle apprendra
Que les choses ne sont jamais aussi simples que ça.
Un jour il lui faudra Elle aussi composer
Avec les déceptions, les difficultés
Et beaucoup de ses jugements d'aujourd'hui
Par le temps qui passe seront détruits
Et ses certitudes si passionnément exprimées
Perdront un peu de leur intensité.
Tout cela fait partie de l'apprentissage de la vie
Pour chacun,il en a été ainsi
Mais qu'Elle garde pour l'instant
La fougue de ses quinze ans
Sans oublier pour autant
Que même les " grands " ont aussi le droit de se tromper de temps en temps.
Dimanche 25 novembre 2007
Un profond sentiment d'aversion
Pour tous ces dogmes, ces traditions
Censés guider
Mais qui ne font que manipuler
Qu'ils viennent d'orient ou d'occident
Rien ne les différencie finalement
Ils ont ce même effet pervers
De conduire à des guerres
A croire que les croyants
Sont incapables de faire preuve de discernement
Et d'admettre que leur foi
En quel que dieu que ce soit
Les conduit le plus souvent
A devenir intolérants
Et à oublier que la liberté
C'est aussi avoir la possibilité
De choisir de ne pas croire
Dans des utopies dérisoires
Et de continuer à penser
Que le principe d'égalité
Aujourd'hui encore n'est pas désuet
Mais qu'il aura bien du mal à subsister
Aussi longtemps que l'on continuera à estimer
Que les qualités d'un homme ne peuvent se mesurer
Qu'en fonction du dieu qu'il a prié
Vendredi 23 novembre 2007
Ne lui demandez pas d'expliquer ce geste, elle se mure dans ce silence qui n'a de sens que pour elle. Les mots lui font peur, ils sont soumis à tellement de mauvaises
interprétations. Parler, elle l'a fait mais elle n'a pas été comprise, n'a pas été entendue. Aujourd'hui, elle se tait.
Ne lui demandez pas de pleurer. Elle se sent vide d'émotions, démunie de sensations. Elle regarde ce monde pour lequel elle n'a plus aucune compassion. Tout ce temps passé à espérer, à
supplier, mais son coeur s'est asséché. Elle ne sait plus rêver.
Ne lui demandez pas de regretter, de demander pardon. Elle ne souhaite faire souffrir personne mais sa vie lui appartient, c'est à elle de décider ce qu'il en adviendra. Si elle est capable de
continuer ou pas. Vous l'avez sauvée malgré elle, in-extremis, pour cette fois en tout cas.
Ne lui demandez pas de jurer qu'elle ne recommencera pas. Vous comme elle, vous savez qu'elle n'est pas faite pour ce monde-là. Il y a des promesses qu'elle ne vous fera pas, peut-être parce
qu'elle a menti plus souvent qu'à son tour pour vous protéger de ce qu'était sa réalité.
Ouvrez les yeux, cessez de lui demander ...
Résumé
Déborah, la trentaine
Qui angoisse à l'idée de vivre seule la quarantaine
Se met donc en quête d'un homme
Qui saura résister à son caractère qui dégomme
De rencontres en rencontres
Qui se transforment en vraie course contre la montre
Elle qui n'attire que les cas sociaux
Finit par douter des délices prénuptiaux
Entre une vie de famille compliquée
Des copines totalement hallucinées
Cette jeune divorcée pleine d'espoir
A de quoi nous émouvoir
Loufoque et attachante à la fois
Elle a un " je ne sais quoi "
Qui la fait ressembler
A bien des jeunes femmes déjà croisées !
Dimanche 18 novembre 2007
Elle et moi, je pensais que c'était pour la vie. Nous étions inséparables, indissociables. Là où elle était, j'y étais aussi.
Notre rencontre a eu lieu dans un grand magasin quand elle a eu le coup de foudre pour moi. Dès qu'elle m'a vu, elle a su que c'était moi qu'elle voulait et pas un autre. Tout à son bonheur de
m'avoir trouvé, elle a décidé que nous devions vivre ensemble et pendant toutes ces années, nous ne nous sommes jamais quittés.
J'ai partagé avec elle ses joies, ses peines. J'ai été le confident de tous les instants importants de sa vie, elle ne me cachait rien. Je l'écoutais patiemment, ne l'interrompant jamais
pour ne pas troubler le fil de ses réflexions.
Souvent la nuit, elle me serrait très fort dans ses bras pour se rassurer quand elle venait de faire un cauchemar et qu'elle se réveillait toute tremblante. Blottis l'un contre l'autre, elle ne
mettait jamais très longtemps avant de retrouver le sommeil. J'aimais écouter son souffle regulier, je veillais sur ses rêves.
Petit à petit, je l'ai vue changer, faire moins attention à moi. Je ne comprenais pas trop ce qui se passait et cette distance qu'elle mettait entre elle et moi. Jusque là, seule ma présence lui
avait toujours suffi mais elle m'a expliqué qu'elle n'était plus tout à fait la même, qu'elle avait besoin de voir du monde, qu'elle serait moins souvent à la maison. Pour qu'elle soit heureuse,
j'ai accepté sa nouvelle vie. Que pouvais-je faire d'autre ? J'étais un peu inquiet mais tant qu'elle m'autorisait toujours à dormir auprès d'elle la nuit, de partager ces moments si précieux, je
n'ai pas protesté, je l'ai laissée faire.
Elle a été de moins en moins là, je passais des heures à l'attendre patiemment sur son lit mais elle ne rentrait même plus. Je le sentais, elle était en train de m'abandonner. Je ne l'intéressais
plus, je n'existais plus pour elle.
J'ai compris que le moment de la séparation était arrivé quand un soir, elle a ramené un garçon à la maison. Ils m'ont ignoré et elle, elle n'a même pas pris la peine de nous présenter. J'ai bien
senti que j'étais de trop, que je les dérangeais. Lui m'a lancé un regard dédaigneux et sans me demander mon avis, m'a délogé sans ménagement de ma place habituelle sur le lit. Elle n'a pas réagi,
ne s'est pas indignée, elle s'est contentée d'éclater de rire en disant "Encore ma peste de petite soeur qui laisse traîner ses doudous partout dans ma chambre".
Tout était dit. Elle avait menti parce qu'elle avait honte de moi à présent. Je n'étais plus son ours en peluche préféré, le compagnon de toutes ces années, j'étais devenu un objet encombrant et
sans valeur.
Je lui en ai voulu de se débarrasser de moi de la sorte après ce que nous avions vécu ensemble mais je me suis fait une raison. C'était la fin d'une époque, la fin de son enfance. Je devais céder
ma place.
Finalement, je n'ai pas à me plaindre car elle m'a rangé soigneusement dans une jolie boîte, m'a entouré précautionneusement de papier de soie et m'a promis qu'elle me ressortirait à la naissance
de son premier enfant. Elle ne l'avouera jamais, je le sais bien, mais elle et moi, j'en suis sûre, c'est pour la vie.
Là sur ce quai de gare
Bientôt l'heure du départ
Autour de moi, ces gens
Que j'observe attentivement
Instants de vie dérobés
A ces étrangers
Des aux revoirs douloureux
Pour un couple d'amoureux
Dernière étreinte prolongée
Quelques mots doux échangés
Tristesse des émotions
Avant la séparation
Un homme pressé
N'en finit pas de s'agiter
Indifférent au monde qui l'entoure
En long, en large, il parcourt
L'asphalte du quai
Comme si sa vie en dépendait
Un peu plus loin
Dans son coin
Une mère tente de calmer
Son bébé hurlant et apeuré
Par le bruit des haut-parleurs
Egrénant les départs et les heures
De façon impromptue
Mon observation est interrompue
Car le train arrive
Les voyageurs s'activent
Voilà le quai à présent déserté
Je regarde le train s'éloigner.
J'ai toujours su que cela arriverait un jour, j'ignorais où et quand mais il était évident que moi, pas plus qu'un autre, je n'y échapperais.
Je pensais m'être préparée à n'éprouver aucune crainte particulière face à cette fatalité mais quand le moment est venu, j'ai compris que je m'étais bercée d'illusions. Je n'étais pas prête,
c'était trop tôt. Il me fallait encore du temps, juste encore un peu.
J'ai bien essayé de différer l'échéance mais je n'ai pas été entendue. Je n'avais pas voix au chapitre, ce n'était pas à moi de décider, je ne pouvais qu'obéir et accepter l'idée qu'il était
l'heure.
Mon plus grand regret est de n'avoir pu dire au revoir, d'être partie comme une voleuse. J'aurais voulu que les choses se passent moins brutalement, que je puisse dire à chacun ce que la pudeur
et l'insouciance m'avaient fait taire jusque là. Mais je ne pouvais pas prévoir que tout s'accélérerait de cette façon, non jamais, je n'avais envisagé que ma vie basculerait aussi vite. Si
j'avais su ...
Volonté divine ou hasard malheureux, il était très précisément 2Oh03 quand ma tête est venue heurter le pare-brise d'une voiture qui roulait à tombeau ouvert et qui n'a pas eu le temps de freiner
pour m'éviter tandis que je traversais la rue. Au moment de l'impact, j'ai pensé à tout ce qu'il me restait encore à vivre mais il était trop tard, j'avais rendez-vous avec la mort.
Post-scriptum