Dimanche 9 septembre 2007
Aimons-nous l'Autre pour ce qu'Il est réellement ou pour ce que nous pensons qu'Il est ? Sommes-nous capables de le cerner sans nous laisser piéger par le filtre de nos propres ressentis
?
Il est souvent dit que le début d'une histoire d'amour n'est pas due au simple hasard. S'il n'était ici question que d'une affaire de séduction, cela se ferait sans plus de complications et
pourrait se résumer en quelques mots : "tu me plaîs, je te plaîs. Passons un bon moment ensemble". Et hop ! Fin de la discussion ! Une aventure légère et sans engagement.
Le problème, c'est qu'il arrive toujours un moment où l'envie de connaître l'amour se fait sentir. Car l'amour, où plutôt l'idée que l'on s'en fait, fait toujours recette. Qu'y a-t'il de plus
exaltant que de tomber amoureux ? Les grands et beaux sentiments, le côté un peu guimauve de la relation amoureuse que l'on rejette haut et fort en public mais dont on rêve tous secrètement
!
Et c'est vrai qu'au départ, c'est tellement charmant et surtout extrêmement flatteur pour l'ego de se sentir apprécié, désiré, aimé. De quoi nous donner l'impression que des ailes nous ont poussé
dans le dos tant l'on se sent léger, léger, léger ...D'ailleurs les premiers temps, l'Autre a toutes les qualités du monde. Il est absolument parfait à nos yeux, il frôle l'idéal suprême et ô
miracle, il semble penser exactement la même chose de notre petite personne. Que demander de plus ? Une fin idyllique se dessine à l'horizon du genre "Ils se marièrent, eurent beaucoup d'enfants
et vécurent heureux jusqu'à la fin de leur vie".
Y a-t'il encore quelqu'un d'assez naïf pour croire à tout ça ? Les contes de fées c'est beau, certes, mais c'est dans les livres que cela se passe comme ça, pas dans la réalité.
Parce que dans la vraie vie et bien les gens parfaits, ça n'existe pas. Les princes charmants ne se transforment pas forcément en crapauds (ou les cendrillons en méchantes sorcières) mais ils ou
elles sont tout simplement humains et qui dit humains, dit très logiquement êtres irrémédiablement pleins de petits défauts. En soi, est-ce si grave ? Dans l'absolu non sauf qu'au final, cela
engendre de la déception et être déçu, ça, on n'aime pas beaucoup l'être !La perle rare que l'on avait la prétention d'avoir enfin trouvée n'est pas si exceptionnelle qu'on le pensait ? Notre
amour propre en prend un coup, il va falloir digérer la nouvelle mais d'un autre côté, il serait peut-être temps de redescendre de son petit nuage et voir les choses en face.Pourquoi veut-on
absolument que l'Autre soit en capacité de répondre à toutes nos exigences quand nous-mêmes sommes incapables de le faire pour lui ? On dit que l'amour rend aveugle, d'accord, mais il rend bête
aussi ?
On a tous à coeur de se montrer sous notre meilleur jour quand on démarre une histoire d'amour, c'est bien connu mais il ne faut pas se leurrer, cela ne dure qu'un temps. Le naturel finit
toujours par revenir au galop et les petits travers avec ! Est-ce pour autant un drame ? Il me semble que non car l'Autre n'est pas là pour nous servir de faire-valoir et l'aimer c'est aussi
accepter qu'il n'ait pas toutes les solutions à nos problèmes, qu'il ne sache pas systématiquement trouver les mots qu'il faut, qu'il soit parfois grognon sans raison. Tant pis s'il ne répond pas
scrupuleusement à tous les critères que l'on s'était (ridiculement ?) fixé pour qu'il (elle) soit l'homme (la femme) de notre vie.
On aime quelqu'un pour ce qu'il est, pas pour ce qu'on voudrait qu'il soit car demander à l'Autre de changer pour satisfaire à nos propres exigences ne mène jamais bien loin. Cela s'appelle du
despotisme, pas de l'amour.
Post-scriptum