Lundi 31 mars 2008

Il y a quarante-six ans
Au siècle précédent
Ils ont fait ce pari un peu fou
D'être ensemble envers et contre tout
Ils ignoraient ce que la vie leur réserverait
Lorsqu'ils se sont mariés
Des débuts chaotiques
Quelques moments critiques
L'existence les malmenait
Testait leur pugnacité
Pourtant, soudés ils sont restés
Car ensemble, ils avançaient
Suivant le même chemin
Sans penser qu'il pourrait y avoir une fin
Et quarante-six ans plus tard
Rien ne les sépare
Plus que jamais amoureux, ils sont
Répondant toujours à l'unisson
Les jeunes mariés qu'ils étaient
Ont su vaillamment résisté
A toutes les vicissitudes
Jusqu'à atteindre la plénitude
Une histoire tirée de la réalité
N'ayant rien à envier aux contes de fées



(Sur une illustration des Amoureux de Peynet)

par Constance publié dans : Histoires de ...
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Samedi 29 mars 2008

Quand Dieu eût créé l'homme, il fut effrayé de ce qu'il avait fait. Il créa aussitôt la femme comme premier secours.


                                                           Claude Roy

par Constance publié dans : Pensée du jour...
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Mercredi 26 mars 2008
A ta moue mutine
En un instant, je devine
L'issue de ce tête-à-tête
Qui déjà m'entête
nu_2.jpg
Un brin de résistance
Provoquant l'excroissance
Plaisir de te faire languir
Avant de m'offrir

Je sens ton impatience
Exacerber tous tes sens
Ton corps épris de désir
Sur le point de défaillir

Je feins de l'ignorer
Délicieux supplice imposé
Joueuse, je le suis
C'est pour cela que tu m'as choisie

D'un regard entendu
Plein de sous-entendus
Je te laisse t'approcher
Et la suite ... est un secret ...


(Sur une photo de Negateven)
par Constance publié dans : Histoires de ...
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Lundi 24 mars 2008
Voici bientôt un an qu'elle se prépare à cette journée, elle en a réglé chaque détail. Sa robe a été réalisée chez un créateur parisien, un modèle unique évidemment pour être certaine de ne pas la voir porter un jour par une autre qu'elle. Le manoir dans lequel aura lieu la réception est fin prêt. Des centaines d'orchidées blanches ont été livrées puis disposées élégamment un peu partout dans la salle où les convives pourront déguster, le soir venu, un délicieux repas cuisiné par un grand chef étoilé.
Les invités seront au nombre de deux cents. Il y aura sa famille, celle de son futur mari mais aussi tous les notables de sa ville et quelques journalistes triés sur le volet pour couvrir l'évènement. Elle tient à ce que son mariage ne passe pas inaperçu. Cela fait trop longtemps qu'elle attend ce moment, tout doit être parfait.

En fin de matinée, une armée de petites mains s'affaire autour d'elle. Une couturière pour les dernières retouches sur sa tenue, une coiffeuse pour la confection du sublime chignon qui viendra réhausser l'éclat de son visage et la finesse de son cou ainsi qu'une maquilleuse professionnelle venue spécialement de la Capitale et habituée d'ordinaire à s'occuper de la mise en beauté du tout Paris.
Concentrée à récapituler mentalement le minutage ultra-précis de l'organisation de la cérémonie, elle n'est pas submergée par l'agitation de ce jour si particulier. Habituée professionnellement à gérer des situations de grand stress, elle aborde son mariage à l'identique : méthodiquement, calmement et sans débordements émotionnels.

A quinze heures très précises, les invités arrivent pour l'office religieux. Queues-de-pie de rigueur pour les hommes, robes de mousseline et chapeaux vaporeux pour les femmes. Un vrai concours d'élégance pour la circonstance. A n'en pas douter, ce mariage fera date dans les annales de la ville.
Chacun s'installe bien sagement dans l'église en prenant soin de respecter scrupuleusement la place qui lui a été attribuée. Côté droit de la chapelle, la famille et amis du marié, côté droit, ceux de la mariée. Les enfants ont été éloignés le plus possible de l'autel central pour ne pas risquer qu'ils perturbent la solennité de ce moment. Seuls deux d'entre eux, cités en exemple pour leur bonne éducation et la facilité de leur caractère, trônent fièrement au premier rang en attendant patiemment qu'on leur donne le signal pour amener les deux alliances posées délicatement sur un coussin brodé de taffetas rouge.

Dans quelques minutes, elle fera son entrée dans l'église. Elle contemple une dernière fois dans le miroir la splendeur de sa robe. Elle a fait le bon choix, elle est divine dans ce fourreau de soie blanche immaculée mettant en valeur sa silhouette longiligne. Elle va faire l'admiration des unes et le désir des autres. Nul doute que son futur mari en la découvrant si belle et resplendissante en sera tout ému. Elle sourit à cette pensée, heureuse à l'idée d'être l'objet de toutes les attentions, de tous les regards.
Après ces mois de préparatifs éprouvants, elle va enfin pouvoir savourer son plaisir d'être enfin très bientôt officiellement l'épouse de l'un des plus beaux partis de la région. Elle a dû batailler pour en arriver là mais comme toujours, elle a fini par obtenir ce qu'elle souhaitait.

Ce dont elle ne se doute pas, c'est que pendant ce temps-là, une grande effervescence commence à monter dans l'église Sainte-Catherine. Le futur marié n'a toujours pas fait son apparition et personne ne sait où il est passé. L'affolement se fait sentir, impossible qu'il soit en retard à son propre mariage. Il est injoignable sur son portable et pour cause car il a pris ce matin le premier avion en partance pour les Caraïbes.
Quand il y a un an de cela, il lui a demandé de l'épouser, il n'a jamais songé que l'organisation de ce mariage deviendrait une telle obsession pour elle. Il a bien essayé de lui en parler mais c'était peine perdue. Lassé de toute cette mascarade, il préfère prendre le large. Il sait qu'elle ne lui pardonnera jamais l'humiliation qu'elle va subir mais lui, tout ce qu'il désirait, c'était qu'ils se disent "oui" les yeux dans les yeux, pas que leur union fasse la une des quotidiens régionaux.
par Constance publié dans : Histoires de ...
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Samedi 22 mars 2008


La vie ne serait-elle qu'un gigantesque bal masqué

Où nous aurions à coeur d'occulter

Notre nature profonde, notre entité masque_jon_daly_small.jpg

Par peur d'être blessés ?

 

Que se cache-t-il derrière nos masques ?

Camouflent-ils nos frasques ?

Avons-nous si peur de dévoiler nos drames

Nos défaillances, nos états d'âme ?

 

Nos visages inexpressifs et lissés

Pour ne pas s'attirer de regards courroucés

Nous donnent la fragile illusion

Que de tous, nous aurons l'adhésion.

 

Car dans la valse des sentiments

Le contentement ne dure éternellement

Pourquoi  toujours faire bonne figure ?

Etre soi-même jamais ne défigure.

 

Tomber le masque demande du courage

Mais ne mènera pas au naufrage

Alors pourquoi continuer à se dissimuler ?

Le bal masqué, il est temps de quitter.  


(Sur une photo de Jon Daly)

par Constance publié dans : Histoires de ...
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Jeudi 20 mars 2008

Une fois encore, l'actualité ne prête pas à sourire. L'annonce du décès de Chantal Sébire, cette femme atteinte d'une esthésioneuroblastome et qui avait demandé à pouvoir bénéficier d'un suicide médical, relance le débat du droit à mourir dignement en France.

Au-delà de l'émotion que cette histoire a suscitée et de la couverture médiatique qu'elle a générée, il y a les vies de toutes ces personnes qui atteintes de maladies incurables, n'ont d'autres choix aujourd'hui que de se suicider pour échapper aux mouroirs que représentent les services de soins palliatifs des hôpitaux.

 

Alors que depuis des années, la France délibère, délibère encore et se contente d'aménager succintement quelques lois existant déjà, d'autres pays comme la Belgique ou la Suisse ont osé prendre une position ferme et claire sur la question et ont accepté de légaliser l'euthanasie ou le suicide médicalement assisté.

Comment se fait-il que chez nous, ce positionnement soit une telle source de polémiques ? Certains médecins sont pour, d'autres sont contre, les politiques eux se montrent frileux, organisent des missions de réflexion sur ce sujet mais au bout du compte, rien ne se concrétise.

Cessons d'être hypocrites, aider les malades à mourir est un acte qui se pratique déjà mais sans que cela ne soit clairement dit. Dans les cas les plus graves, de la morphine à hautes doses est injectée aux patients, entraînant un arrêt cardiaque mais très officiellement, les morts sont dites "naturelles".

 

A cette heure, personne ne sait si Madame Sébire s'est suicidée ou si son coeur, usé par la maladie qui la rongeait, s'est arrêté de battre mais une chose est sûre, rien ne pourra effacer les cinq années de calvaire qu'elle a vécues où elle s'est vue décliner peu à peu. Jusqu'à la fin, tous ses appels à l'aide auront été ignorés par la justice, par le président de la République. Elle est morte sans jamais avoir été entendue.

Vivre dignement est un droit, mourir sans avoir à subir d'atroces souffrances devrait en être un aussi. Quand cela sera-t-il possible en France ? Nul ne le sait ...

 

 

par Constance publié dans : Regard sur le monde
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Mercredi 19 mars 2008

Raconte-lui de jolies choses
De malheurs, elle frôle l'overdose
Elle voit le monde tel qu'il est
Aujourd'hui, elle ne sait plus rêver.page_blanche.jpg
Sauras-tu lui montrer
Le chemin des songes emplis de légérèté ?
Est-il encore possible
Que cet univers lui soit accessible ?
Elle doute mais elle voudrait y croire
Ne pas succomber au désespoir.
Toi qui as le coeur gai
L'âme aguerrie à la sérénité
Livre-lui ton secret
Pour ne jamais quitter
Ce sourire éternellement affiché
Et cette confiance en l'humanité
Qu'elle ne peut éprouver.
Trouve les mots mais les bons
Ceux qui la convaincront
Avant qu'il ne soit trop tard

Avant qu'il ne soit trop tard ...

par Constance publié dans : Histoires de ...
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Lundi 17 mars 2008

maltraitance.jpg
Image d'une enfance volée
Par les sévices, la brutalité
Petite victime innocente
De la violence permanente
De ces grands en perdition
Capables de la pire des abjections.
Car maltraiter un être sans défense
Ne m'inspire que répugnance
Et rien ne peut justifier
D'oser ainsi se comporter.
Comme il faut être pervers
Pour faire endurer ce calvaire
A un enfant qui ne comprendra jamais
Pourquoi les coups pleuvaient
Qui se sentira responsable
Voir même coupable
De n'avoir pas su se faire aimer
Autrement qu'en se faisant frapper.




(Sur une photo de Julie C. intitulée Maltraitance)

par Constance publié dans : Histoires de ...
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Vendredi 14 mars 2008

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" Cher Dieu,

Je m'appelle Oscar, j'ai dix ans, j'ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j'ai grillé les poissons rouges) et c'est la première lettre que je t'envoie parce que jusqu'ici, à cause de mes études, j'avais pas le temps. "



C'est ainsi que tout commence ...
L'histoire d'un petit garçon qui va vivre sa vie en douze jours parce qu'il a rendez-vous avec la mort.
Difficile de rester insensible à ce livre qui bien que traitant d'un sujet grave réussit à tirer tour à tour des larmes de rire et de tristesse au lecteur.
Il nous plonge dans l'univers hospitalier fait de peurs, de pleurs mais aussi de rencontres qui bouleversent la vie.

Cet ouvrage date de 2002 et si vous ne l'avez pas déjà lu, je ne peux que vous conseiller de le faire vite, très vite car l'histoire le mérite grandement.

par Constance publié dans : Lu, vu, entendu ...
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Mercredi 12 mars 2008
Grâce au blog de Revelise, j'ai découvert le travail de peinture de Gérard Le Nalbaut. Je suis tombée sous le charme des oeuvres de cet artiste et cela m'a donné envie d'y mettre quelques mots.



le_nalbaut.jpg
Dans votre oasis florale
J'aime à contempler votre beauté sculpturale
Toute à vos rêveries
Vous ne devinez sur vous mon regard d'envie
Car je vous observe belle inconnue
Depuis des jours à votre insue
Pour ne pas venir troubler
La douceur de vos songes parfumés
A l'écart de vous, je me tiens
Et mes élans, je retiens
Je rêve à cet instant où enfin j'oserai
Sans risquer de vous importuner
Déposer à vos pieds
Ces quelques mots sur le papier
Hommages respectueux
Mais aveux des sentiments voluptueux
Que votre splendeur éclatante
A faite éclore une passion ardente




(Sur une toile de Gérard Le Nalbaut intitulée Oasis florale)
par Constance publié dans : Histoires de ...
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