Une fois encore, l'actualité ne prête pas à sourire. L'annonce du décès de Chantal Sébire, cette femme atteinte d'une esthésioneuroblastome et qui avait demandé à pouvoir bénéficier d'un suicide
médical, relance le débat du droit à mourir dignement en France.
Au-delà de l'émotion que cette histoire a suscitée et de la couverture médiatique qu'elle a générée, il y a les vies de toutes ces personnes qui atteintes de maladies incurables, n'ont d'autres
choix aujourd'hui que de se suicider pour échapper aux mouroirs que représentent les services de soins palliatifs des hôpitaux.
Alors que depuis des années, la France délibère, délibère encore et se contente d'aménager succintement quelques lois existant déjà, d'autres pays comme la Belgique ou la Suisse ont osé
prendre une position ferme et claire sur la question et ont accepté de légaliser l'euthanasie ou le suicide médicalement assisté.
Comment se fait-il que chez nous, ce positionnement soit une telle source de polémiques ? Certains médecins sont pour, d'autres sont contre, les politiques eux se montrent frileux, organisent des
missions de réflexion sur ce sujet mais au bout du compte, rien ne se concrétise.
Cessons d'être hypocrites, aider les malades à mourir est un acte qui se pratique déjà mais sans que cela ne soit clairement dit. Dans les cas les plus graves, de la morphine à hautes doses est
injectée aux patients, entraînant un arrêt cardiaque mais très officiellement, les morts sont dites "naturelles".
A cette heure, personne ne sait si Madame Sébire s'est suicidée ou si son coeur, usé par la maladie qui la rongeait, s'est arrêté de battre mais une chose est sûre, rien ne pourra effacer les
cinq années de calvaire qu'elle a vécues où elle s'est vue décliner peu à peu. Jusqu'à la fin, tous ses appels à l'aide auront été ignorés par la justice, par le président de la
République. Elle est morte sans jamais avoir été entendue.
Vivre dignement est un droit, mourir sans avoir à subir d'atroces souffrances devrait en être un aussi. Quand cela sera-t-il possible en France ? Nul ne le sait ...
Post-scriptum