Jean Anouilh
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Silhouettes enlacées
Dans un corps à corps endiablé
Oubliée la pudeur
Quand s'assouvissent les ardeurs
Les peaux s'embrasent
Au moment de l'extase
Instants de délice
Proches du supplice
La vague du plaisir a déferlé
Laissant les deux amants rassasiés
(Sur une photo de Telemaque)

Tu l'as prise dans tes filets
Une proie inespérée
Que jamais tu n'aurais pensé capturer
Mais à tant chercher à la garder
Elle finira peut-être par se lasser
Etouffant sous tes baisers
Tes promesses murmurées
Tes envies d'éternité
Car la Belle a besoin de respirer
De laisser ses yeux vagabonder
Vers d'autres lieux, d'autres contrées
Accepte cette idée
Sans en être chagriné
Regarde-la s'éloigner
N'en sois pas froissé
La Belle saura te retrouver
Si confiance, tu lui fais
Cesse de douter
Et relâche-la de tes filets
(Sur une image de Carole)
Elle a aimé souvent
Maladroitement, confusément
Sans percevoir que ce qu'elle recherchait
Jamais elle ne le trouverait
Dans ces amours passionnées
Miroirs aux alouettes
S'achevant toujours sous la couette
Plaisir donné, galvaudé
Au goût de l'à peu près
Car il faut du temps
Pour que naissent les sentiments
Tout est question de patience
Révèlera plus tard l'expérience
Mais le chemin s'est ainsi fait
Sans remords, ni regrets
Elle regarde avec bienveillance
Ses erreurs, ses errances
Car aujourd'hui, elle sait
Symptôme de la maturité
Que se refuser
C'est aussi se respecter
(Sur un pastel de Claude Bellaton)
L'amour n'est pas un sentiment, c'est un art
Paul Morand
Dans les lignes de sa main
Je devine ce que sera demain
Lignes entremêlées
Parlant du présent, du passé
Ce qui fait son histoire
Ce qui se cache dans sa mémoire
A leurs contours imprécis
J'entrevois ce qui ne sera jamais dit
Les plaies et les bosses
De cette vie qui cabosse
Mais ces tracés aussi imparfaits
Me font me rappeler
Qu'hier compte finalement si peu
Même s'il est douloureux
Car l'avenir est là
A celui qui le lira
Au creux de la main
Se dessinent les chemins
(Sur une photo de Marcus)
Post-scriptum