Mardi 20 mai 2008
Quand l'horizon s'éclaircit
Et la vie à nouveau sourit
Un peu de bleu revient
Moins troubles semblent les lendemains
Finalement il suffit de peu
Pour que la sensation d'être heureux
Parvienne à l'emporter
Sur les interrogations
Et les remises en question
Savourer ces instants de répit
Ces petits bouts de vie
Où tout paraît moins compliqué
Plus simple à élucider
Alors tant pis s'ils sont de courte durée
Tant qu'ils continuent à exister
Car même si les nuages finissent par réapparaître
Le principal au fond est d'être
Capable d'entrevoir au bout de tout ça
Que des solutions il y a ...


(Sur une photo de Muriel)
par Constance publié dans : Histoires de ...
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Samedi 17 mai 2008
Derrière ces croix blanches alignées
Se cachent autant de vies brisées
Des hommes partis faire la guerre
Défendre le monde de la folie d'Hitler
Dans leur pays, ils ne sont jamais revenus
La mort, ici, les a retenus
Etrange destinée qui les a éternellement liés
A une nation qu'ils tentaient de libérer
L'histoire devrait servir de leçon
Mais d'illusions nous nous berçons
Car le "plus jamais ça"
Est un enseignement qui ne perdure pas
Bien sûr, de conflits mondiaux il n'y a plus
Mais tout est loin d'avoir été résolu
Il suffit de regarder au-delà de nos frontières
Pour constater qu'aujourd'hui comme hier
Des hommes se font la guerre
Et finiront bientôt sous terre.




Sur une photo de Jacques Clerin (cimetières américains d'Henri-Chapelle et Neuville en Condroz)
par Constance publié dans : Regard sur le monde
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Mardi 13 mai 2008
A la liberté de provocation, répond la liberté d'objection

                                Bernard Pivot
par Constance publié dans : Pensée du jour...
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Vendredi 9 mai 2008
Quarante ans plus  tôt
Ce mois de mai s'est fait l'écho
D'une jeunesse contestataire
Fruit d'un mouvement unitaire
Venant bouleverser l'ordre bien établi
D'une société à demi endormie.

Des évènements rentrés dans l'histoire
Gravés dans toutes les mémoires
Un pays dans son entier paralysé
Personne n'aurait pu imaginer
Paris ressemblant à un champ de bataille
Les ouvriers cessant le travail.

Qu'est-il aujourd'hui advenu de  tous ces étudiants ?
Sont-ils rentrés dans le rang ?
Leur fougue s'est-elle fanée au cours de ces années ?
Ou bien ont-ils su malgré tout résister
A la tentation de devenir avec le temps
Des citoyens bien trop obéissants ?

A l'heure où cette jeunesse révoltée
A bientôt l'âge d'être retraitée
Leurs vingt ans à jamais immortalisés
Sont pour l'éternité associés
A ce fameux mois de mai
Où tout a basculé.
par Constance publié dans : Regard sur le monde
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Mardi 6 mai 2008
La vie de Lucie est en apparence sereine et paisible. La trentaine épanouie, un mariage heureux à faire des envieux, il ne lui manque rien. Elle est même régulièrement citée en exemple comme modèle de réussite absolue par son entourage. Entre une carrière professionnelle menée tambour battant et son couple harmonieux, il serait indécent qu'elle se plaigne. Elle a tout pour être heureuse. Pourtant, elle ne l'est pas, du moins pas totalement.

Lucie est habituée à ce que rien ne lui résiste. D'un tempérament volontaire et combatif, elle a appris à se battre avec acharnement pour obtenir ce qu'elle désire. A chaque problème, sa solution. Raisonnement pragmatique qui a porté ses fruits dans tous les domaines mais dont elle a atteint les limites au cours des mois qui viennent de s'écouler car pour la toute première fois de son existence, elle doit faire face à un imprévu qu'elle ne réussit pas à surmonter. Son incapacité à devenir mère.

Elle a pourtant méticuleusement planifié la chose. L'arrivée du bébé était idéalement espérée l'année de ses trente ans. Histoire de passer avec brio ce cap fatidique et de sceller le point final idéal à ce parcours de vie mené sans accrocs. Cela va faire deux ans déjà et toujours rien. Son ventre reste désespérément vide. Bien sûr, elle s'est empressée de consulter une multitude de spécialistes qui se sont penchés sur son cas. Tous les examens pratiqués sur elle et son mari sont normaux, il n'y a pas lieu de s'inquiéter.

Voilà peut-être le seul paramètre que Lucie a oublié de prendre en compte dans l'organisation si précise de sa vie. C'est que Dame nature se moque éperdument de ces contingences, elle suit son cours, à son rythme. Peu lui importe que cela ne respecte pas le timing rigoureux que la jeune femme voudrait lui imposer. Est-ce si dramatique ? Donner la vie relève du miracle, ce n'est ni un dû, ni une chose qui peut se programmer.
Lucie vient de le réaliser, il lui faudra aujourd'hui l'accepter.
par Constance publié dans : Histoires de ...
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Jeudi 1 mai 2008

A la croisée des chemins
Ai-je toujours fait le bon choix
Invoquant le destin
Pour me montrer la voie ?

Quel aurait été le parcours
Si par obstination
J'avais fait taire l'amour
Et privilégier l'ambition ?

Caduque réflexion
Sur un impossible retour en arrière
Fait d'improbables digressions
Sur une hypothétique carrière

Au chant des regrets naissants
J'impose le silence
Préférant le présent
Sans notion d'excellence

Un dernier regard jeté
A cette époque lointaine
Un arrière-goût d'inachevé
Précautionneusement mis en quarantaine



(Sur une photo de Simon Thibaut)

par Constance publié dans : Histoires de ...
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Mardi 29 avril 2008
Minuit. Voici près de deux heures qu'il se tourne et se retourne dans son lit sans réussir à trouver le sommeil. Il sait qu'une longue journée l'attend demain et qu'il lui faudra être opérationnel. Il ne peut pas se permettre d'arriver encore en retard à son travail, son patron l'a mis en garde, si cela se reproduit, c'est le renvoi assuré.
Dépité, il finit par se lever et erre comme une âme en peine dans son appartement vide. C'est terrible, ce qu'elle peut lui manquer, pense-t-il. Il savait que cela serait douloureux de se séparer d'elle mais il n'avait pas imaginé à quel point. 

Trois heures. Installé devant la télé, il tente d'abrutir ses neurones récalcitrants au sommeil avec un reportage sur la pêche à la mouche. Peu porté sur le sujet, il se dit que cela devrait l'inciter à plonger rapidement dans les bras de Morphée mais échec total, son cerveau en ebullition continue à fonctionner à plein régime. Il essaie désespérément de la chasser de son esprit mais elle est là, obsédante, envahissante, obstruant chaque pore de sa peau. C'est comme si elle s'était emparée de lui, comme s'ils ne faisaient plus qu'un. Epuisé, il ne sent pas capable de lui résister, il sombre.

Sept heures. Le jour se lève doucement. Les premières lueurs de la matinée envahissent le salon où il est là, couché à même le sol. Il n'entend pas le bruit de son réveil qui égrène inlassablement sa sonnerie stridente à intervalles réguliers. Il dort profondément à présent, plus rien ne peut le réveiller. Après les angoisses de cette nuit, il a enfin trouvé le repos, un sourire de quiétude figé sur ses lèvres. Dans son rêve, il s'imagine libre, affranchi de cette emprise qu'elle a sur lui. Il peut la regarder avec mépris, il l'a vaincue, elle ne le manipule plus. Il l'avait prévenue que cela se passerait ainsi. Pourquoi ne l'a-t-elle pas cru ?

Seize heures. Il ouvre les yeux. Il prend le temps d'étirer longuement son corps encore tout engourdi par cette nuit passée sur son plancher. Une violente migraine lui martèle les tempes tandis que de vagues images de la veille lui reviennent en mémoire peu à peu. En regardant le chaos qui règne autour de lui,  il comprend aussitôt. Des cadavres de bouteilles vides traînent un peu partout dans la pièce. Il n'est pas allé travailler, une fois de plus, une fois de trop, il le sait. Tout cela n'était qu'un leurre, c'est elle qui a gagné finalement. La boisson, cette traîtresse, dont il ne parvient pas à se délivrer.
par Constance publié dans : Histoires de ...
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Samedi 26 avril 2008
Ces citations sont extraites du Dictionnaire des idées reçues écrit par Flaubert entre 1850 et 1880. Je ne résiste pas au plaisir de vous en faire partager quelques unes tant elles sont délicieusement impertinentes et ô combien toujours d'actualité.


- Avocats : ont le jugement faussé à force de plaider le pour et le contre.

- Optimiste : équivalent d'imbécile.

- Exception. Dîtes qu'elle confirme la règle. Ne vous risquez pas à expliquer comment.

- Prêtres : couchent avec leurs bonnes et en ont des enfants qu'ils appellent leurs neveux.

- Académie française : la dénigrer mais tâcher d'en faire partie, si l'on peut.

- Imbéciles : ceux qui ne pensent pas comme vous.

- Orchestre : image de la société. Chacun fait sa partie et il y a un chef.

- Illusions : affecter d'en avoir eu beaucoup. Se plaindre de ce qu'on les a perdues.

- Génie : inutile de l'admirer, c'est une névrose !
par Constance publié dans : Pensée du jour...
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Jeudi 24 avril 2008
Nombreux ont été les voyages
Conduisant aux naufrages

Tempêtes déchaînées
Par ces désamours avoués

Le navire a pris l'eau
Se transformant en radeau

Longtemps, il a fallu ramer
Luttant pour ne pas couler

Mais la mer s'est apaisée
Les vents se sont calmés

La douceur est revenue
La peur de chavirer diminue

Une nouvelle traversée qui commence
Menée avec prudence

A portée de main, le gilet de sauvetage
Souvenir d'anciens sabordages !


(Sur une photo de Pierre Moysan)
par Constance publié dans : Histoires de ...
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Mardi 22 avril 2008

Les chemins de Tom et Lili se sont croisés pour la toute première fois sur les bancs de l'école primaire. Depuis, ils ne se sont jamais quittés. Allez savoir pourquoi mais ces deux-là se sont choisis dès le premier regard.
Ensemble, ils ont grandi. Aussi soudés qu'un frère et une soeur, ils ont partagé toutes les étapes importantes de leur vie. Là où Lili est, Tom n'est pas loin pour veiller, il ne la quitte jamais vraiment des yeux.
Aujourd'hui, Lili et Tom ont vingt ans et partagent un petit appartement. Lui fait des études d'architecture, elle est en seconde année de lettres à la faculté. Presqu'à l'âge adulte, leurs tempéraments diamétralement opposés se sont affirmés. Elle est fantasque, exubérante, parle beaucoup trop. Lui est secret, discret, timide. Pourtant malgré ces différences, leur entente est toujours aussi parfaite, quasi fusionnelle. Ils se comprennent sans se parler.

Leur relation étonne encore, un lien d'amitié aussi fort et durable n'est pas courant chez des jeunes gens. Elle suscite beaucoup de questions dans leur entourage mais Lili et Tom s'en moquent, ils laissent dire. A ceux qui veulent absolument que leur histoire soit une histoire d'amour refoulée, ils tournent le dos car oui ils s'aiment mais à leur manière, sans instinct de séduction ni de possession.
L'attirance sexuelle entre eux n'a jamais existé. Lili reconnaît sans peine que Tom a du charme, qu'il est séduisant mais elle n'éprouve aucun pulsion à son égard. Elle aime se blottir dans ses bras lorsqu'elle est triste ou contrariée car il sait comment la réconforter mais cela est fait sans arrières-pensées. Depuis le temps qu'ils sont amis, si le sentiment amoureux avait dû éclore entre eux, il leur aurait sauté aux yeux.

Tom, lui, n'évoque jamais le sujet. Cela fait quatorze ans qu'il observe peu à peu Lili devenir tout d'abord une jeune fille puis à présent une femme. Il tremble à chaque fois qu'elle rentre chez eux en lui annonçant qu'elle a fait la connaissance de quelqu'un, que ce garçon est merveilleux, qu'elle pourrait en tomber amoureuse. Jusqu'à présent, elle a toujours fini par se lasser de ses conquêtes mais peut-être qu'un jour, un autre que lui la prendra dans ses bras pour ne plus la lâcher.
Quand cela arrivera, il sait qu'il ne s'en remettra pas car Lili est toute sa vie, occupe toutes ses pensées. Lui le discret n'osera jamais révéler que ce que Lili croit être de l'amitié, s'est véritablement transformée en une passion foudroyante qu'il dissimule depuis toutes ces années.

par Constance publié dans : Histoires de ...
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