Mardi 17 juin 2008
Besoin de compagnie ?
Un seul clic de souris suffit
Pour voir apparaître en un instant
Ces jolis minois si engageants.

Brune, blonde ou rousse
Docile, dominatrice ou douce
De quoi satisfaire les ardeurs
De tous ces cavaleurs.

Discrétion assurée
Pour la prestation facturée
La règle d'or d'un métier
Vieux comme l'humanité.

Parler de prostitution ?
Mais non, quelle abomination !
Ces hommes respectables
Voyons, c'est impensable !

Le bout de trottoir a disparu
Plus de tapin au coin de la rue
Magie de la technologie
Summum de l'hypocrisie.

Emergence d'un fait nouveau
Recrue d'essence des gigolos
Au nom de la sacro-sainte égalité
La gente féminine aussi a succombé.

Nous voici donc tous au même niveau
Hommes et femmes sordidement égaux
Misère d'une sexualité battant tous les records
Mais pas de panique, internet arrive en renfort !
par Constance publié dans : Regard sur le monde
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Dimanche 15 juin 2008

Elle fait partie du passé
Ne cesse-t-il d'argumenter
Elle ne compte plus
Cette époque est révolue
Pourtant,  quelque chose en lui
Encore aujourd'hui
N'a pas tout a fait oublié
Tout ce qu'ensemble, ils ont partagé.
Bien sûr, il niera
Bien sûr, il protestera
Prétextant que seul le temps présent
A ses yeux est important
Mais il ne pourra s'empêcher
Sans intention de blesser
Que son regard dans la rue
Suive la sihouette d'une inconnue
Lui rappelant un instant
Celle d'avant ...


(Sur une photo de Muriel)
par Constance publié dans : Histoires de ...
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Vendredi 13 juin 2008
C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime, de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité de vivre, de sa joie. Sans les gestes, c'est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s'installe.

                                                         
                                                       Philippe Delerm
par Constance publié dans : Pensée du jour...
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Mercredi 11 juin 2008

A ouvrir la porte
Sans cesse il l'exhorte
Ne plus rien cacher
A lui, se dévoiler
Par ce trou de la serrure
Il a perçu la blessure
Une porte qu'il pourrait enfoncer
Pour en éclats, tout faire voler
Mais il a choisi d'attendre
Lui laissant le temps de comprendre
Que par lui pourra naître le bonheur
Qui saura apaiser ses peurs
Alors pas à pas, lentement
A ouvrir la porte, elle consent
Elle choisit de jeter la clef
De cette porte qui l'emprisonnait.



(Sur une photo d'Olivier Aube)
par Constance publié dans : Histoires de ...
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Dimanche 8 juin 2008

Sonia rentre chez elle épuisée. Comme d'habitude, le dernier service s'est éternisé et le restaurant n'a pas fermé ses portes avant deux heures du matin. Son patron lui a promis un jour de congé pour récupérer ses heures supplémentaires mais depuis le temps, elle a appris à connaître la valeur de ses promesses. Elle sait que dès demain, il les aura oubliées, elle ne se fait plus d'illusions.
Pour ne pas réveiller ses enfants, elle file tout droit dans sa chambre sans allumer les lumières de son petit appartement et là, elle s'effondre sur son lit. Elle jette un coup d'oeil au réveil, il est près de quatre heures. Si elle s'endort maintenant, elle craint de ne pas réussir à se lever pour emmener ses deux filles à l'école alors elle décide de lutter contre le sommeil et la fatigue qui commencent à engourdir son corps. Il ne faut pas qu'elle dorme, il ne faut pas ...

Sonia sait comment faire pour ne pas sombrer, il lui suffit juste de remettre en marche la machine à cogitation. Simplement songer à ce qu'est sa vie aujourd'hui, rien de tel pour la garder éveillée tant le sentiment de rage qui la saisit est violent dans ces cas-là. Elle ne s'apitoie pas sur son sort, elle se révolte de l'intérieur. Crier haut et fort sa colère, elle sait que cela ne servirait à rien puisque personne ne serait là pour l'entendre. Elle la garde donc muette mais toujours aussi bouillonnante car c'est cette révolte qui l'aide à tenir, qui la maintient en vie. Sans elle, elle n'aurait plus la force de se battre, elle coulerait en entraînant ses filles avec elle. Une issue qu'elle refuse obstinément, question d'orgueil mais pas seulement. Elle ne veut pas se victimiser, elle assume ce qu'elle est en ne réussissant pas encore tout à fait à avoir fait le deuil de ce qu'elle aurait pu ou dû être.

Finalement, il suffirait de peu pour que son existence change du tout au tout. Que son ex-mari se décide enfin à se rappeler qu'avant sa nouvelle vie, il a eu une femme et deux enfants, qu'il a bientôt trois années d'arriérés de pension alimentaire qu'il ne versera jamais en ayant savamment orchestré son insolvabilité. Ou alors encore, que l'un de ces CV parmi la centaine qu'elle a déjà envoyée ne termine pas au fond d'une corbeille à papier, lui redonnant l'espoir que son bac + 5 qu'elle avait si brillamment obtenu n'est pas à jeter au rebut. Mais tout ça n'est pas à l'ordre du jour. Dans quelques heures, Sonia reprendra son service au restaurant "Le grand marmiton" parce que la vie continue, il y a les factures à payer, les filles à élever.
Retour à la réalité ...

par Constance publié dans : Histoires de ...
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Jeudi 5 juin 2008
Délicieusement entreprenant
A ses regards, je comprends
Ce besoin de plus en plus insistant
De dépasser ces faux-semblants

Personne ne semble pouvoir lui résister
Tant il sait avec brio jouer
Des atouts ravageurs qui lui ont été donnés
Dont il avoue en souriant abuser

Comme l'envie de céder est tentante
Mais ô combien déroutante
Car la promesse de ses caresses enivrantes
Me laisse frémissante

La raison voudrait de refuser
Faire preuve de fermeté
Pour ne pas mettre en danger
Un bonheur déjà tracé

Mais le trouble est là
Il ne s'explique pas
Alors que faire dans ce cas ?
Tourner les talons ... ou pas ...
par Constance publié dans : Histoires de ...
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Lundi 2 juin 2008

Tous ces mots mis bout à bout
Pour pouvoir encore tenir debout
Dernier acte de résistance
Face à toutes ces souffrances
Mais la source se tarit
Les émotions se rarifient.
Le coeur est trop lourd
Limite du point de non-retour
Il te faudrait te battre encore un peu
Soigner ton âme et ses bleus
Mais l'envie n'y est plus
Te voici vaincue.
Que pourrais-je dire ou faire
Pour te sortir de cet enfer ?
Accepter ce silence
Admettre mon impuissance ?
Jour après jour, je te vois décliner
Et cette issue fatale approcher
L'heure des adieux sonnera
Réalité à laquelle, je ne me résous pas.



(Sur une photo de La Flâneuse)

par Constance publié dans : Histoires de ...
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Jeudi 29 mai 2008
Rêvéaliteur et moi-même nous sommes livrés à un petit exercice de figures imposées dont le principe était de rédiger un texte d'une dizaine de lignes en y intégrant vingt mots choisis par l'un et l'autre.
Mots choisis par Eric : mer, vertu, équilibre, voyage, citronnier, naturel, plafond, photographie, pupitre, essentiel.
Mots piochés au hasard dans le dictionnaire par moi-même : balançoire, valise, fou, réveiller, arrogance, sud, jasmin, début, zeste, précipité.

Version d'Eric :

Dépêche AFP 14h10


Pour le début de son voyage officiel au sud de la France, M. le secrétaire général Chikungunya s’est rendu au quartier de la balançoire rendre visite à ses confrères des Mosquitos. Les photographies sur fond de mer ne manqueront pas d’authentifier l’essentiel de sa venue sobre avec une valise à la main et une fleur de jasmin dans l’autre, symbole d’une confrérie sincère. La vertu et l’équilibre furent sujet à réveiller en constance les clameurs tant sans arrogance, M. le secrétaire général devant son pupitre, dans un naturel qui l’honore, a expliqué ses théories des plus folles. Quand soudain à la fin de l’entrevue alors que des zestes de vagues revêtaient des couleurs argentés sous un plafond bleuté, a surgi avec arme qui pique, un individu qui se cachait derrière les citronniers. L’individu s’est précipité alors sur le secrétaire général, le blessant grièvement. Les médecins se réservent de tout pronostique. De sources proches, l’affaire aurait un ordre aux conflits familiaux. En effet, l’individu fou serait probablement le frère à la sœur du père que l’oncle reniait à l’héritage.


La mienne :

Léna fixe la mer. Sans même prendre le temps de défaire sa valise à son arrivée, elle s'est précipitée pour rejoindre ce lieu plein des souvenirs de son enfance. Elle s'installe sur la balançoire confectionnée par son père l'année de ses cinq ans et se balance doucement. Ce voyage dans le sud était essentiel pour elle, indispensable à son équilibre. Depuis le début de l'été, elle comptait les jours, la patience n'étant pas sa principale vertu, elle n'en pouvait plus d'attendre. La chaleur accablante en cette saison à Paris lui avait fait perdre le sommeil. Elle passait ses nuits à contempler le plafond en songeant qu'elle ne s'habituerait jamais à ce monde complètement fou que représentait la vie citadine et à l'arrogance de ses habitants. Sa Provence natale lui manquait, ses odeurs de jasmin, ses couleurs féeriques, ses citronniers baignés de soleil aux zestes si parfumés. Elle ressentait le besoin impérieux de retrouver un peu de naturel, de faire disparaître tout ce superficiel généré par l'agitation parisienne. Ici, rien ne change. Le temps s'est arrêté, le paysage demeure immuable telle une photographie. Léna ne veut plus avoir à se réveiller ailleurs qu'ici. Elle est chez elle à présent. Dès demain, elle retrouvera son vieux pupitre d'écolière et se remettra à écrire ... Enfin ...

par Constance publié dans : Histoires de ...
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Lundi 26 mai 2008

14 février 2008. Il ouvre péniblement les yeux mais les referme aussitôt car la lumière du jour l'éblouit. Une violente douleur lui parcourt la nuque, ses jambes sont engourdies, son bras droit le fait souffrir. Seconde tentative pour garder ses yeux ouverts. Il y parvient enfin et se découvre allongé dans un lit d'hôpital. Mouvement de panique, il essaie de bouger mais impossible, tout le bas de son corps est endolori. Il s'affole, fouille dans sa mémoire pour comprendre comment il a bien pu atterrir ici mais c'est le trou noir. Un sentiment de peur l'envahit, que s'est-il donc passé ?

Une infirmière pénètre dans sa chambre. Quand elle le voit réveillé, elle lui adresse un sourire rassurant et lui dit d'une voix douce :
" Vous nous avez fait une sacrée frayeur. Comment vous sentez-vous ?
- Qu'est-ce qui m'est arrivé ?
- C'est les pompiers qui vous ont amené ce matin aux urgences. D'après ce qu'on m'a dit, vous avez été renversé par une voiture alors que vous traversiez sur un passage piéton. Vous ne vous rappelez pas ?
- Non. Je suis blessé ?
- Rien de bien méchant, vous avez eu de la chance, quelques vilains bleus, une énorme bosse à la tête. On va vous garder quelques jours en observation et vous pourrez rentrer chez vous. Par contre, vous n'aviez aucun papier d'identité sur vous alors on n'a pas pu prévenir votre famille. Vous voulez qu'on appelle quelqu'un ? Votre femme ? Un ami ? "
Il cherche désespérément dans ses souvenirs mais c'est le néant. Il est incapable de dire s'il est marié, s'il a des enfants. La panique le gagne, il ne se souvient plus de rien.
" Vous ne savez donc pas qui je suis ? s'inquiète-t-il auprès de l'infirmière.
- Non, comme je vous l'ai dit, vous n'aviez pas de portefeuille. La police l'a cherché mais elle pense qu'une personne a profité de la confusion de l'accident pour le ramasser et le voler. Ne vous inquiétez pas, vous avez subi un choc violent, il se peut que ça ait altérer momentanément votre mémoire. C'est fréquent, vous savez. Les médecins vont vous faire passer des examens complémentaires pour vérifier ça. Essayez de vous reposer et prévenez-moi si quelque chose vous revient à l'esprit. "

Le soir venu à l'autre bout de la ville, une femme tente vainement de joindre son mari sur son portable. Furieuse que même en ce jour de fête de saint Valentin, il ne prenne pas la peine de rentrer à la maison à une heure décente, elle décide que cette fois, il est allé trop loin. Il lui avait promis de faire des efforts mais comme toujours, ses belles promesses se sont envolées. Depuis des mois, elle le menace de divorcer, puisqu'il ne l'a pas prise au sérieux, il va le regretter. Dès demain, elle prendra rendez-vous avec son avocat pour lancer la procédure.

par Constance publié dans : Histoires de ...
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Jeudi 22 mai 2008
Transparente face à lui elle se sent
Malgré les mots de ressentiment
Rien ne semble vouloir changer vraiment
La transparence demeure inlassablement.

Elle se voudrait pleine de légèreté
Aimante, attentionnée
Mais seuls des reprochés acérés
S'échappent de sa bouche crispée.

Depuis quand ne lui a-t-il pas sussurré des mots doux
Déposé une main tendre sur sa joue ?
Elle ne le sait plus, elle l'avoue
Elle accuse le coup.

S'il ne peut en être autrement
Au diable les regrets et les tourments
L'heure est venue, elle le comprend
De sortir de cet enfermement.
Puisqu'il ne sait plus la regarder
D'autres yeux voudront bien l'admirer
Car la femme qu'elle est
A la transparence ne parviendra jamais à se résigner.



(Sur une photo de Lainon)
par Constance publié dans : Histoires de ...
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