Quarante ans plus tôt
Ce mois de mai s'est fait l'écho
D'une jeunesse contestataire
Fruit d'un mouvement unitaire
Venant bouleverser l'ordre bien établi
D'une société à demi endormie.
Des évènements rentrés dans l'histoire
Gravés dans toutes les mémoires
Un pays dans son entier paralysé
Personne n'aurait pu imaginer
Paris ressemblant à un champ de bataille
Les ouvriers cessant le travail.
Qu'est-il aujourd'hui advenu de tous ces étudiants ?
Sont-ils rentrés dans le rang ?
Leur fougue s'est-elle fanée au cours de ces années ?
Ou bien ont-ils su malgré tout résister
A la tentation de devenir avec le temps
Des citoyens bien trop obéissants ?
A l'heure où cette jeunesse révoltée
A bientôt l'âge d'être retraitée
Leurs vingt ans à jamais immortalisés
Sont pour l'éternité associés
A ce fameux mois de mai
Où tout a basculé.
A la croisée des chemins
Ai-je toujours fait le bon choix
Invoquant le destin
Pour me montrer la voie ?
Quel aurait été le parcours
Si par obstination
J'avais fait taire l'amour
Et privilégier l'ambition ?
Caduque réflexion
Sur un impossible retour en arrière
Fait d'improbables digressions
Sur une hypothétique carrière
Au chant des regrets naissants
J'impose le silence
Préférant le présent
Sans notion d'excellence
Un dernier regard jeté
A cette époque lointaine
Un arrière-goût d'inachevé
Précautionneusement mis en quarantaine
(Sur une photo de Simon Thibaut)
Ces citations sont extraites du Dictionnaire des idées reçues écrit par Flaubert entre 1850 et 1880. Je ne résiste pas au plaisir de vous en faire partager quelques unes tant elles
sont délicieusement impertinentes et ô combien toujours d'actualité.
- Avocats : ont le jugement faussé à force de plaider le pour et le contre.
- Optimiste : équivalent d'imbécile.
- Exception. Dîtes qu'elle confirme la règle. Ne vous risquez pas à expliquer comment.
- Prêtres : couchent avec leurs bonnes et en ont des enfants qu'ils appellent leurs neveux.
- Académie française : la dénigrer mais tâcher d'en faire partie, si l'on peut.
- Imbéciles : ceux qui ne pensent pas comme vous.
- Orchestre : image de la société. Chacun fait sa partie et il y a un chef.
- Illusions : affecter d'en avoir eu beaucoup. Se plaindre de ce qu'on les a perdues.
- Génie : inutile de l'admirer, c'est une névrose !
Nombreux ont été les voyages
Conduisant aux naufrages
Tempêtes déchaînées
Par ces désamours avoués
Le navire a pris l'eau
Se transformant en radeau
Longtemps, il a fallu ramer
Luttant pour ne pas couler
Mais la mer s'est apaisée
Les vents se sont calmés
La douceur est revenue
La peur de chavirer diminue
Une nouvelle traversée qui commence
Menée avec prudence
A portée de main, le gilet de sauvetage
Souvenir d'anciens sabordages !
(Sur une photo de Pierre Moysan)
Les chemins de Tom et Lili se sont croisés pour la toute première fois sur les bancs de l'école primaire. Depuis, ils ne se sont jamais quittés. Allez savoir pourquoi mais ces deux-là se sont
choisis dès le premier regard.
Ensemble, ils ont grandi. Aussi soudés qu'un frère et une soeur, ils ont partagé toutes les étapes importantes de leur vie. Là où Lili est, Tom n'est pas loin pour veiller, il ne
la quitte jamais vraiment des yeux.
Aujourd'hui, Lili et Tom ont vingt ans et partagent un petit appartement. Lui fait des études d'architecture, elle est en seconde année de lettres à la faculté. Presqu'à l'âge adulte, leurs
tempéraments diamétralement opposés se sont affirmés. Elle est fantasque, exubérante, parle beaucoup trop. Lui est secret, discret, timide. Pourtant malgré ces différences, leur entente est
toujours aussi parfaite, quasi fusionnelle. Ils se comprennent sans se parler.
Leur relation étonne encore, un lien d'amitié aussi fort et durable n'est pas courant chez des jeunes gens. Elle suscite beaucoup de questions dans leur entourage mais Lili et Tom s'en
moquent, ils laissent dire. A ceux qui veulent absolument que leur histoire soit une histoire d'amour refoulée, ils tournent le dos car oui ils s'aiment mais à leur manière, sans instinct de
séduction ni de possession.
L'attirance sexuelle entre eux n'a jamais existé. Lili reconnaît sans peine que Tom a du charme, qu'il est séduisant mais elle n'éprouve aucun pulsion à son égard. Elle aime se blottir dans ses
bras lorsqu'elle est triste ou contrariée car il sait comment la réconforter mais cela est fait sans arrières-pensées. Depuis le temps qu'ils sont amis, si le sentiment amoureux avait dû éclore
entre eux, il leur aurait sauté aux yeux.
Tom, lui, n'évoque jamais le sujet. Cela fait quatorze ans qu'il observe peu à peu Lili devenir tout d'abord une jeune fille puis à présent une femme. Il tremble à chaque fois qu'elle rentre chez
eux en lui annonçant qu'elle a fait la connaissance de quelqu'un, que ce garçon est merveilleux, qu'elle pourrait en tomber amoureuse. Jusqu'à présent, elle a toujours fini par se lasser de ses
conquêtes mais peut-être qu'un jour, un autre que lui la prendra dans ses bras pour ne plus la lâcher.
Quand cela arrivera, il sait qu'il ne s'en remettra pas car Lili est toute sa vie, occupe toutes ses pensées. Lui le discret n'osera jamais révéler que ce que Lili croit être de l'amitié, s'est
véritablement transformée en une passion foudroyante qu'il dissimule depuis toutes ces années.
Une fois n'est pas coutume, je vous propose une écriture à quatre mains. Sur le thème imposé des "hauts et des bas", voici deux versions composées l'une par moi et l'autre par Sept.
Selon Elle
Y a des hauts, y a des bas
Pas toujours facile tout ça
Y a des hauts fabuleux
De ceux qui vous rendent heureux
Y a des bas qui font mal
De quoi se sentir tout bancal
Y a des hauts, y a des bas
L'Amour c'est aussi ça
Des hauts qui vous font rêver
Des rêves de perpétuité
Y a des bas qui vous font douter
Des doutes qui nous laissent tout chagrinés
Y a des hauts, y a des bas
Qui prouvent que les émotions sont bien là
Des hauts qui donnent le sourire
Et le goût à nouveau de rire
Des bas qui nous feraient pleurer
Et se dire que l'on s'est trompé
Y a des hauts, y a des bas
Faits de questions et de pourquoi pas
Des hauts qui nous bouleversent
Devant autant de tendresse
Des bas qui nous blessent
Qui engendrent tant de tristesse
Y a des hauts, y a des bas
Mais dans tous les cas
Ces hauts, ces bas
De haut en bas, de bas en haut
Résumés en un seul mot
C'est toujours de l'Amour ...
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Selon Lui
Y a des hauts, y a des bas
Parce que la vie c'est ça
Des hauts que l'on cherchait depuis si longtemps
Des moments rêvés pour lesquels on prend le temps
Le temps de savourer
Le temps de les aimer
Des hauts qui provoquent une multitude d'émotions
Des hauts qui transforment la passion en frissons
Y a des hauts, y a des bas
Parce que la vie c'est ça
Des bas parce qu'il y a des moments hauts
Des instants où tout devient maux
Le temps des doutes
Le temps de la déroute
Des bas qui provoquent une multitude d'émotions
Des bas qui remettent tout en question
Y a des hauts où tout est beau
Y a des bas où tout est plat
Y a des hauts, y a des bas
Parce que c'est la vie qui veut ça
Parce que l'on a besoin de ça
Pour vraiment apprécier ce que l'on a
Parce que sans cela, la passion n'y serait pas
Y a des hauts
Y a des bas
On se sent vivre
On se sent ivre
Mais ...
Ne jamais oublier de L'emmener loin là-haut
Ne jamais oublier de partager aussi les bas
Parce que la vie c'est ça
Parce que l Amour c'est comme ça
Y a des hauts
Pendant lesquels l'on ne réfléchit pas
Y a des bas
Pendant lesquels l'on réfléchit trop
Un mélange subtil de sensations
Passion, embrasement, déraison
Questions, doutes, divagations
Magie féerique et instants bucoliques
Enfer pensif et instants théoriques
Y a des hauts, y a des bas
Moments de vie
Obéir à l'envie
Meli melo instable
Entrechocages inévitables
Montrer combien on L'aime
Comprendre ce que veut dire "Je t'aime"
Que sans Amour, il n'y aurait jamais eu tout ça ...
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Ils ont tout tenté
Pour me museler
Les menaces, les intimidations
Les pires humiliations.
Ils voulaient me faire taire
Capituler face à l'adversaire
Renier ma liberté de contradiction
Mon droit à la contestation.
Ils m'ont jeté en prison
Pour haute trahison
Car mes mots sur le papier
Etaient pour eux un danger.
Comme si du fond de mon cachot
Emprisonné par ces barreaux
Je finirais par accepter
De me laisser manipuler.
Ma carte de presse réduite en cendres
Ne m'empêchera pas de défendre
L'idéal auquel je crois
Ma raison de vivre, ma foi.
Si le prix à payer pour informer
Sans censure ni partialité
Est d'y perdre la vie
Sans regrets, je me sacrifie.
Selon Reporters sans frontières, il y a à ce jour, 129 journalistes emprisonnés dans le monde pour avoir tout simplement fait leur métier.
Tu faisais battre nos coeurs
Dans ta jolie robe à fleurs
Virevoltant au gré du vent
Soulignant la grâce de tes mouvements.
Un courant d'air farceur
Parfois nous faisait l'honneur
Subrepticement de dévoiler
Le galbe de tes jambes dénudées.
Chacun de nous en secret rêvait
De poser ses mains sur cette peau dorée
Mais tu avais le goût de l'impossible
Belle déesse inaccessible.
Insouciante à nos regards d'envie
Indifférente à nos badineries
Légère et enjouée
Tu courais rejoindre celui
Qui partageait tes nuits.
Comme nous aurions aimé
Emportés par notre jeunesse passionnée
Découvrir sans pudeur
Les dessous de cette jolie robe à fleurs.
Post-scriptum